« Les enfants ne veulent plus se coucher, ils ont peur d’aller dans leur chambre. » Radia Djemai ne sait plus quoi faire. Habitant depuis deux ans au 14 du boulevard Pierre-de-Coubertin à Nogent-sur-Oise, avec son mari et ses cinq enfants, son appartement, comme des dizaines d’autres sur la commune, est envahi par les punaises de lit. « Il y en a partout, nous sommes tous couverts de piqûres. J’ai même développé une anémie, se désespère-t-elle. Nous avons dû jeter des meubles, nous dormons avec le plastique sur le matelas ! Sans compter tous les frais engagés en meubles ou en médicaments. Nous vivons l’enfer chaque nuit. »

« Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas une question d’hygiène »

« Avec les démangeaisons cela peut vite devenir un calvaire, il faut suivre un traitement rapidement, prévient le docteur Xavier Lambertyn, médecin généraliste à Lachapelle-aux-Pots. Mais si le logement n’est pas traité, le problème reviendra toujours. » Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas une question d’hygiène. « Cela touche toutes les classes sociales, je suis intervenu aussi bien dans des manoirs que dans des HLM », témoigne Christophe Guilert, de la société CG Nuisibles. Pour lui, le phénomène a tendance à s’amplifier, notamment à cause des voyages et des souvenirs ramenés. Pour en venir à bout, il faut tout exterminer. « L’intervention n’est pas longue mais doit être répétée trois fois en général. S’il reste une larve, il faut tout recommencer. »

Car, si ces insectes de 4 à 5 mm se réfugient la journée dans les plis des matelas ou des sommiers, ils en sortent la nuit pour se nourrir de sang. Et la famille Djemai n’est pas la seule concernée. Au troisième étage, Daniel n’arrive pas à s’en débarrasser. « Elles sont sous le lit. Il y a eu des traitements mais elles reviennent toujours. » Le 25 de la rue Saint-Exupéry, l’immeuble voisin, n’est pas non plus épargné. « Il y en a partout », s’affole une voisine. « On ne les voit pas forcément mais on les sent monter le long du corps », souffle un autre voisin. Envahi il y a cinq ans, Edmond Kieny, retraité, a trouvé la solution. « Mais elle n’est pas à la portée de toutes les bourses, prévient-il. Une entreprise est intervenue, pour 5 000 €, et j’ai installé plusieurs appareils pour repousser les nuisibles. »

Pour la mairie, il y a peu de façons d’agir directement. « Nous sommes alertés du problème mais nous ne pouvons rien faire sans le bailleur. » Osica, qui gère ces deux immeubles, assure être intervenu. « Trois interventions dont la dernière au mois d’août. Mais il semblerait que la famille Djemai n’a pas donné accès à son logement lors de la dernière. » Ce que confirme la mère de famille. « Ils sont venus deux fois et ça n’a rien changé, soupire-t-elle. Les punaises étaient là avant notre arrivée, Osica est fautif et nous voulons déménager. Trop c’est trop. » Pour le bailleur, c’est un problème. « Il est désinfecté et nettoyé, assure-t-on chez Osica. La désinsectisation doit être renouvelée autant de fois que nécessaire. Cela peut-être contraignant mais, sans ça, nous ne pourrons pas exterminer toutes les punaises. »

  leparisien.fr

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