Entrée en sommeil ces dernières décennies, la punaise de lit serait de retour. Elle met à rude épreuve l’organisme et surtout, la psychologie de ses victimes.

Alors, ça chatouille ou ça gratouille ?

Ça démange furieusement auraient plutôt envie de répondre les victimes de la cimex lectularius ou punaise de lit. Ennemi invisible, mesurant 2 à 3 millimètres, l'insecte bien nommé se déchaîne souvent pendant la nuit. Au matin, son parcours se dessine en rouge sur la peau. Pour ne rien arranger, par rapport à la puce, sa cousine, les morsures sont plus nombreuses et plus répétitives.

 " Le fléau du XXIe siècle "

D'après les professionnels en désinsectisation, ces dernières années, la punaise de lit ferait son grand retour. « J'en traite de plus en plus », constate Alain Piau, basé à Châteauvieux, près de Saint-Aignan-sur-Cher. Il prédit même que les punaises de lit qui infestent literie mais aussi textiles et vêtements et se reproduisent rapidement seront « le fléau du XXIe siècle »« Dans les années 1950, on en était venu à bout avec des produits comme le DTT, aujourd'hui interdit ». Parce qu'ils voient défiler les voyageurs, les hôteliers sont parmi ses plus fidèles clients. « Je n'ai rien contre la SNCF mais je pense que c'est l'un des plus gros vecteurs d'invasion », lance Alain Piau, qui est aussi, épisodiquement, appelé à la rescousse par des particuliers.

Dans les immeubles, le risque est de voir les punaises coloniser plusieurs logements. A Terre de Loire Habitat, le pire n'a pas eu lieu, il n'y a eu que deux cas cette année sur le parc de 1.200 logements blésois. Le phénomène n'en est pas moins redouté, reconnaît Denis Lebert, directeur adjoint de l'organisme. « C'est vraiment très embêtant, les punaises. Pour traiter, on est obligé de demander à nos locataires de sortir de chez eux et l'entreprise peut revenir plusieurs fois de suite ».

Pour en finir avec ces bestioles, outre « le nettoyage à plus de 50 °C » de tous les tissus de l'appartement ou de la maison, le gros du traitement consiste à pulvériser de l'insecticide sur les zones infectées. Il agira sur les punaises lorsque celles-ci reprendront leurs reptations.

Souvent, le désinsectiseur se fait aussi psychologue. « Certains clients ont une obsession à la limite de la phobie, ils paniquent. Je les assure qu'on va en venir à bout ». L'invasion, synonyme de saleté du logement, suscite aussi une honte du qu'en dira-t-on. On veut ainsi s'assurer que sur le véhicule d'Alain Piau ne figure pas un logo risquant d'alerter le voisinage. Pourtant, une mauvaise hygiène, facteur aggravant, n'est pas toujours seule en cause. Même dans un endroit décent, la punaise peut être attirée « par l'humidité, par exemple quand le bâti est ancien ».

Désagréables, les morsures sont heureusement inoffensives et les punaises ne véhiculent pas, comme les tiques, de maladie. En cas de fortes démangeaisons, des crèmes apaisantes sont proposées en pharmacie. Mais éviter de trop se gratter, sinon l'infection guette. Punaise, quel délit !

repères

Une année à insectes

« C'est vrai, l'hiver précédent a été doux, ce qui a pu favoriser le développement des insectes. On vend davantage tout ce qui est produits phytosanitaires, intérieurs ou extérieurs. Après, je pense que les gens sont aussi de plus en plus peureux. Ils me demandent des traitements radicaux, je les informe qu'il y a aussi du bio ! », lance Norman, vendeur au Jardiland de Villebarou. Dans le collimateur des consommateurs, toutes espèces d'insectes : blattes, puces et punaises de lit, et particulièrement en ce moment, ceux qui entrent dans les intérieurs pour hiverner, tels les araignées, les mouches d'automne, les punaises des bois, et même les coccinelles asiatiques. Des produits permettant de mettre en place une « barrière chimique » sont vendus pour éviter qu'ils ne jouent les réfugiés climatiques.

lanouvellerepublique.fr/

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