En racontant son histoire, elle se gratte machinalement les bras, la tempe, la nuque. « Franchement, je deviens folle », avoue Myriam *. Car la jeune femme partage son toit avec un redoutable parasite : la punaise de lit.

Voilà déjà plusieurs mois que l’insecte suceur de sang a colonisé ce F 2 de la rue Maillol, sur les hauteurs du Mont-Mesly à Créteil.

Les quatre opérations de désinsectisation n’ont pas permis d’éradiquer le nuisible, une minuscule terreur de 3 à 5 mm, capable de pondre jusqu’à 15 œufs par jour. « Ma fille de 3 ans ne dort plus ici depuis mai, explique la mère de famille. J’ai dû la confier à sa grand-mère pour la protéger de ce cauchemar. » Mordue à plusieurs reprises, la fillette a développé d’importantes réactions cutanées. Comme en attestent ces certificats médicaux, évoquant des « éruptions prurigineuses vraisemblablement en rapport avec une parasitose ».

Les punaises de lit, qui ne sortent se nourrir que la nuit, se logent principalement dans les textiles. Alors Myriam a pris des décisions radicales : « J’ai jeté toute ma chambre un peu avant Noël. Et vendredi, c’est mon salon que j’ai balancé », affirme cette maman de 22 ans. Exit, aussi, les jouets de sa fille et les rideaux. « C’est un vrai gâchis d’argent mais je ne peux pas supporter de voir ces bêtes se promener sur nos affaires ! »

Créteil-Habitat, bailleur social de l’immeuble, connaît le dossier : « La première désinsectisation remonte à mars. Mais on ne s’explique pas pourquoi la punaise de lit est toujours présente. » D’autant que l’appartement de Myriam semble être le seul concerné à cette adresse. « Son conjoint travaille dans une société spécialisée dans le traitement antiparasite. Peut-être en a-t-il ramené », avance l’office HLM. « Impossible, répond Myriam. J’en avais déjà avant qu’il n’y soit employé. » « Le protocole n’a peut-être pas été respecté pendant les désinsectisations, s’interroge encore Créteil-Habitat. Quoi qu’il en soit, c’est un problème auquel nous restons particulièrement vigilants. »

Myriam envisage de demander un nouveau logement la semaine prochaine. Mais pour éviter toute propagation, le bailleur n’autorisera pas ce déplacement avant que l’actuel appartement ne soit sain.

* Le prénom a été modifié.                                       

http://www.leparisien.fr/creteil-94000/creteil-de-minuscules-punaises-de-lit-lui-pourrissent-la-vie-18-08-2015-5018905.php

 

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